Comprendre les troubles « dys » chez l’enfant

Marie, professeure de philosophie , accompagne des enfants et adolescents atteints de troubles dys (famille de troubles de l’apprentissage qui regroupe la dyspraxie, la dyslexie, la dyscalculie etc.)

Elle même atteinte de dyspraxie, (dysfonctionnement cérébral qui touche la coordination et la gestuelle), Marie a été des deux côtés de la barrière et nous livre sa façon d’appréhender ces troubles, épuisants au quotidien pour l’enfant et incompris par les parents ou les enseignants.

Le handicap lié à la dyspraxie réside dans la non automatisation du geste intentionnel. La personne atteinte aura toujours l’impression de réapprendre un geste considéré simple pour les autres. Quand ce trouble touche les enfants et les jeunes, les difficultés liées à être ordonné, à ranger sa chambre, tenir correctement un stylo laissent parfois les parents démunis et engendrent des réactions culpabilisantes pour l’enfant. « Essaie de faire ça, je te l’ai déjà répété plusieurs fois, fais un effort, range, c’est facile! »

Avant que l’enfant puisse effectuer un geste normalement automatique, comme prendre un stylo, ouvrir sa trousse et le ranger, il a besoin de « mentaliser » son action et de réfléchir à chaque étape de la mise en application du geste.

L’une des répercussions importantes que peut engendrer la dyspraxie repose également sur la relation enfant-parent. Une relation de dépendance a tendance à s’installer et altère le rapport de l’enfant à ses parents et vice versa. La position dans laquelle est mis l’enfant renforce davantage le sentiment de « non capacité » chez ce dernier et de dépendance physique voire émotionnelle.

Pour la dyslexie, les enfants auront des difficultés à lire, écrire, orthographier les mots. Ils pourront lire à l’imparfait par exemple, et, dans la même phrase oublier complètement cette règle de conjugaison et refaire les mêmes fautes de manière successive.

De manière générale, les enfants atteints de troubles « dys » ont tendance à culpabiliser. Les efforts qu’ils fournissent pour être « comme les autres » consomment une grande partie de leur énergie. Ce sentiment de rejet est d’autant plus fort lorsque l’entourage ou les proches, par incompréhension ou impatience les blâment sur leur comportement.

En effet, chez certains enfants, ses troubles peuvent être pris pour de la désinvolture. L’entourage a du mal à comprendre comment l’enfant peut répéter continuellement les mêmes erreurs, ou simplement ne pas faire les choses qu’il devrait faire.

Pour Marie, accompagner un enfant « dys », lorsque le trouble est connu, nécessite avant tout de comprendre son trouble. En effet, ce dernier provient d’une lésion cérébrale, un dysfonctionnement psycho moteur. « Il faut savoir vivre avec cette idée et arriver à mettre des mots sur son handicap ».

Souvent, le diagnostic est très lent et difficile à aboutir, et la période d’ignorance accentue les incompréhensions de l’entourage de l’enfant. Marie conseille aux parents dont les enfants présentent des signaux de troubles « dys » d’être très vigilants et d’aller consulter rapidement.

Marie a aussi souvent remarqué, lors de ses accompagnements, que les parents avaient tendance à « pousser leurs enfants » à l’extrême en allant jusqu’à nier leur handicap. De ce fait, l’enfant doit fournir un effort surhumain de concentration permanent et s’épuise. Le meilleur conseil que Marie puisse donner à une personne atteinte de trouble « dys » est d’accepter de vivre avec son handicap. « De manière générale, il faut que les personnes atteintes de troubles « dys » aillent là où il y a de la place pour leur handicap »

Cette approche ne va pas à l’encontre de la motivation, de la volonté d’aller au-devant des difficultés et à se dépasser, notions que Marie transmet à ses élèves, mais la conscience de ses troubles et l’acceptation par soi et les autres est plus favorable au développement et à l’épanouissement.

Chez l’enfant, l’accompagnement et le soutien dans cette démarche est nécessaire pour lui permettre de grandir et d’apprendre sur des bases solides, ce qui favorisera son bon développement vers sa vie d’adulte.

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